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Ce bronze extraordinaire à l'émanation singulière et aux lignes brutes fait partie des pièces majeures de notre collection.
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Cette pièce d’autel étonnante est sans aucun doute un avatar du style tenenkou ou djenné-djeno. Récoltés dans la zone d’inondation du fleuve dans la région de Djenné, et plus précisément au niveau du site archéologique de Djenné-Djeno (-250/1400 ap. J.-C.), ces objets en terre cuite proviendraient en fait de toute la vallée du Niger. Aujourd’hui, Djenné est une cité qui réunit en son sein une population originaire de diverses régions avoisinantes dont le pays dogon. Il s’agit donc d’un épicentre culturel où les formes artistiques se rencontrent, se mélangent et s’influencent.
D’après certaines sources, l’animal représenté ici serait une girafe, quadrupède épique aux puissants pouvoirs et dont la représentation serait bénéfique pour son détenteur. La bête est coiffée d’une sorte de diadème, parure dont on ignore la signification mais qui pourrait correspondre à des oreilles. Le collier imposant que porte ce bagani (littéralement « petit animal » en langue bambara) est le signe ostensible de sa domestication. Sa queue large et courbée retombe sur sa croupe de manière caractéristique. Ses parties génitales sont apparentes, ainsi que son nombril symbole de lignage et de fertilité. La couleur brune de la patine originelle est presque entièrement piquée de vert de gris, oxydation naturelle qui témoigne d’une certaine ancienneté. Si un test en laboratoire serait judicieux afin de dater la période de fabrication de cet objet, nous estimons qu’il a été réalisé vers le milieu du XXème siècle. Sublime.
Fiche technique