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Un cavalier et sa monture qui ont traversé les décennies pour nourrir notre imagination et ravir nos regards.
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Dans la mythologie dogon portant sur la genèse du monde, le cheval est le premier animal à être descendu de l’arche. A l’instar de l’Europe occidentale, posséder un cheval en Afrique de l’ouest était un luxe généralement réservé à la royauté et la chefferie, chevaux et cavaliers incarnant ainsi le prestige, le statut social et le pouvoir. La sculpture d’un cavalier était demandée au forgeron par un commanditaire désireux de montrer sa richesse et pour prier Dieu de la préserver. Le quadrupède aurait été introduit au Sahel avant le dixième siècle, en provenance d’Afrique du nord.
Le cavalier en bronze peut également symboliser les aventures guerrières, ce qui est le cas de cet objet, l’homme arborant un carquois orné d’un caméléon, ainsi que deux poignards respectivement fixés sur chacun de ses bras par des anneaux de cuir censés contenir des formules mystiques. Cet attirail est typique de l’armement des gens du nord et plus précisément des Touareg qui effectuaient régulièrement des razzias dans la zone sahélienne. Il est également paré d’un collier, d’un plastron et d’épaulières, ainsi que de nombreux rangs de bracelets au niveau des poignets et de la cheville (le pied droit est cassé) qui ont ici une fonction protectrice. Sa coiffe caractéristique et son port altier confèrent à l’ensemble une expression épique et solennelle. On peut supposer qu’il s’agisse d’un guerrier djennenké ou d’un autre clan dogon qui a l’occasion d’affronter ou de fréquenter des populations plus septentrionnales.
Quant au quadrupède, il présente des proportions surprenantes, dans la lignée des terracotta de style tenenkou ou djenné-djeno. Récoltés dans la zone d’inondation du fleuve dans la région de Djenné, et plus précisément au niveau du site archéologique de Djenné-Djeno (-250/1400 ap. J.-C.), ces objets en terre cuite proviendraient en fait de toute la vallée du Niger. L’équidé présenté ici est harnaché et porte une barde constituée entre autres d’un chanfrein et d’un plastron au-dessus duquel on devine un « collier » orné de cauris, ainsi que de protections sur les bras et les cuisses.
Ce bronze de presque sept kilos ne comporte pas de cavité intérieure, témoignage d’une époque où la matière première était plus abondante. Une pièce d’exception qui compte parmi les fleurons de la Galerie Souleymane Konté.
Fiche technique