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L’émanation artistique de ces surprenants objets est tout à fait singulière et puissante.
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Ce couple en bronze à l’expression déroutante est un avatar de statues sacrificielles bambara de la région de Kolokani. Lorsqu’une personne faisait face à une difficulté telle que la stérilité ou une maladie, elle venait s’en remettre à ces fétiches pour qu’ils l’aident à résoudre le problème. Après les incantations circonstancielles, la personne s’en allait non sans avoir promis un sacrifice si ses vœux venaient à se réaliser. Les proportions et l’attitude de ces sujets n’est pas sans rappeler le style dit de « Djenné-djeno » ou tenenkou caractérisé par ces sujets anthropozoomorphes aux lèvres protubérantes et aux yeux saillants. Récoltés dans la zone d’inondation du fleuve dans la région de Djenné, et plus précisément au niveau du site archéologique de Djenné-Djeno (-250/1400 ap. J.-C.), ces objets en terre cuite proviendraient en fait de toute la vallée du Niger.
Mi-humains mi-singes, les deux sujets proposés ici incarnent des féticheurs en train de « travailler ». Les calebasses qu’ils tiennent respectivement à la main contiennent des décoctions de plantes censées soigner leurs patients. Allongé dans la calebasse, un enfant se fait « laver » par la guérisseuse, tandis qu’un reptile se love autour de cette dernière. La forme tombante de sa poitrine atteste de son statut de mère. On peut deviner un autre serpent à l’intérieur du récipient tenu par l’homme. Celui-ci porte une collerette sur laquelle est fixé un pendentif en forme de cauris, symbole de prospérité, de chance et de fertilité. Leur large sourire est souligné d’une barbiche et ils sont tous deux coiffés d’une imposante crête sagittale. Chacun est paré de divers bracelets contenant des écritures mystiques censées les protéger des jeteurs de sorts. La forme de leur crâne, de leurs oreilles et de leur nez rappellent évidemment le singe, contrairement au reste de leur anatomie qui évoque plutôt le corps humain.
Fiche technique