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Emanation exceptionnelle pour cette incarnation royale venue du passé.
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Les dix-huit « têtes d'Ife » en laiton ou en cuivre furent découvertes par accident à Ife au Nigeria en janvier 1938, lors de la construction d'une maison. Cette ville, actuel centre religieux, fut à partir du début du IXème siècle après JC la cité royale des Yorouba, le lieu où « les divinités créèrent l’humanité ». Commença alors une période de prospérité pour cette civilisation, qui reposait sur le commerce qu'elle faisait sur le fleuve Niger avec les peuples d'Afrique de l'Ouest.
Si une majorité des objets qui furent récoltés dans la région se sont retrouvés au Musée National d'Ife, certaines pièces quittèrent le pays et font maintenant partie des collections de grands musées à travers le monde. La tête d'Ife du British Museum fut acquise par le rédacteur en chef du Daily Times of Nigeria et finit entre les mains du National Art Collections Fund, qui en fit don au musée en 1939.
Cette dernière serait une représentation d’un Ooni (roi) et date probablement du XIIème siècle, soit bien avant que les Européens soient entrés en contact direct avec les populations locales. La tête, qui a été faite de laiton au plomb (environ 70 % de cuivre, 16,5 % de zinc et 11,3 % de plomb) par moulage à cire perdue, mesure environ les trois quarts d'une tête réelle, soit 35 cm de haut. A l’instar des autres grandes têtes découvertes en même temps et qui seraient des portraits de rois ou de courtisans, le réalisme et le raffinement de cet objet allait alors à l'encontre des conceptions occidentales de l'art africain. Ces productions exceptionnelles sont la preuve d'un commerce international, car il y avait très peu de cuivre au Nigeria. On pense que ce matériau provenait de l'Europe centrale, du nord-ouest de la Mauritanie, de l'Empire byzantin ou du sud du Maroc.
Les artistes ont pu concevoir ces bronzes sur le modèle des terres cuites aux caractéristiques similaires qui existaient déjà à cette époque. On suppose que les grandes têtes d’Ifé servaient d’effigies lors des cérémonies funéraires, qui ont encore lieu chez les Yorouba environ un an après l’enterrement. Les petits bronzes et Les têtes en terre cuite devaient être produits pour les autels des nombreux sanctuaires d'Ife ou à la mémoire de victimes de sacrifices.
Le magnifique objet proposé ici est inspiré de la tête détenue par le British Museum. A l’exception des lèvres et des yeux, la face du sujet est recouverte de striures qui font penser à des scarifications. Ce visage à l’expression à la fois sereine et énigmatique est surplombé par une couronne complexe agrémentée d'une « crête » avec une rosette et une sorte de boule pointue à son sommet. Derrière un crâne dont la partie supérieure est suggérée mais absente, est représenté un quadrillage de tresses collées. Une patine brune vient sublimer cette œuvre qui aura peut-être elle aussi un jour sa place dans un musée.
Fiche technique